dimanche 29 mai 2016

POUR EN FINIR AVEC LA MUSEROLLE



La muserolle est un enrênement qui était utilisé autrefois pour corriger les défauts de mise en main de chevaux mal-élevés et calmer par bouclage les défenses de la bouche.


La muserolle n'était utilisée que par des cavaliers "grossiers" n'ayant pas le souci de pratiquer une équitation fine et légère. (Chasse à courre, militaires en campagne, etc.…)
Cheval rectiligne sans muserolle


Au début du XX eme siècle et avant, la plupart de chevaux vivaient à l'attache en stalle ou bat-flanc. Pour cette raison ils vivaient de la naissance a la mort en licol. 

Cheval concave sans muserolle



Le bridon ou la bride étaient mis par dessus ce licol.


Après la seconde guerre mondiale la mode du sport hippique à conduit les chevaux vers plus de confort au boxe. Donc, plus besoin donc de licol… On voit souvent des photos de l'époque avec des chevaux en bridon ou bride chanfrein nu. C'était très laid quand le cheval était de type convexe ou busqué… Aussi, dans un souci de photogénie, on a pris l'habitude dans ce cas là d'habiller la ligne du chanfrein des chevaux de muserolles. 



Monté par des cavaliers fins, cette muserolle purement décorative, était très lâche. 
 
Cheval Busqué disgracieux chanfrein nu



Mais, de nos jours, dans leur course aux points et leur quête de résultats trop rapides, les cavaliers insuffisamment instruits et a l'équilibre incertain ont très vite comprit qu'en serrant la muserolle on pouvait dissimuler sa maladresse, masquer les méfaits de son instabilité et mettre au silence le cheval en lui interdisant de dire avec sa tête et sa bouche que "la main" le gène et l'empêche de bien faire…

Cheval bouclé et muet



Pour ma part je n'utilise que bridons et brides avec  des muserolles décoratives donc extrêmement lâches. 


Par contre, dès qu'on me présente un cheval à problème je retire purement et simplement cette muserolle et comme par magie, généralement, tout s'arrange…


Sinon, au cours de l'éducation du cheval, lors de la construction des bases, et uniquement dans le travail a pied, je vais me servir de la muserolle comme transition entre le travail en caveçon et le travail cheval embouché d'un mors et c'est ce que j'enseigne. 


Je vais créer ainsi des associations d'idées chez le cheval pour le conduire à obéir à la main "au bout du mors" comme il obéit à la main "au bout du caveçon". Il va rester légèrement derrière son mors comme il reste légèrement derrière le caveçon…


Une échelle de progression en 5 phases est appliquée dans ce travail a pied :

1.       Caveçon serré+ longe de conduite,

2.      Caveçon ajusté+ rênes de filet croisées sous le menton,

3.      Muserolle ajusté + rênes de filet croisées sous le menton,

4.      Rênes de filets croisées sous le menton,

5.      Flexions à pied à l'arrêt puis en marche.


Note ;

Dans la phase 1, le caveçon est serré de façon à ne pas bouger sur le chanfrein. 


Dans les phases 2 et 3, le caveçon ou la muserolle sont ajustés quand ils permettent le passage aisé de deux doigts (l'index et le majeur), les autres doigts enserrant les rênes croisées sous le menton. De cette façon l'action de main sur le caveçon ou la muserolle est prolongée par une action de main sur la bouche par l'intermédiaire du mors… 


Dans les phases 4 et 5 la muserolle est lâche.

Ce travail doit être fait au deux mains. 


La suite de cette progression est le travail à pied une rêne dans chaque main…


A la longe ;

J'enseigne aussi l'utilisation de la muserolle (lâche cette fois ci) pour adoucir la relation entre la main de longe et la bouche du cheval dans le travail à la longe et ne pas voir le mors traverser la bouche du cheval.

Pour ce faire il faut une vraie longe plate en cuir ou en coton, pas une espèce de cordage grossier aux couleurs chatoyantes vendu par les "Marchands du Temple". Donc une vraie longe avec une attache par boucle type rêne et non cet immonde mousqueton. La boucle de la longe enserre ensemble l'anneau du mors et la muserolle. L'action de la main de longe se repartie ainsi sur la muserolle et sur le mors. 

Installation de la longe


Il en va de même pour l'utilisation de la longe en mode indirecte comme en mode Colbert. Par contre ce dispositif est inutile en mode Colbert-inversé et en mode triangulaire.


Cet article complète celui déjà écrit sur le sujet. Pour le consulter suivre le lien : 


samedi 28 mai 2016

Les DÉSASTRES des MUSEROLLES "PULL BACK" et MUSEROLLES OPPRESSIVES !



Il n'y a aucun effet bénéfique à utiliser une muserolle "Pull Back".





C'est une invention de cavaliers trop pressés en manque de connaissances qui, pour faire céder ces "méchants chevaux" qui résistaient avec beaucoup de "mauvaise volonté" a leurs mains brutales ont imaginé ce système machiavélique pour neutraliser ces " légitimes défenses".



Pour briser ces résistances ces mécanistes ont d'abord inventé : le L.D.R. (Low Deep and Round c'est à dire bas, profond et rond), le "Roll Kur" ou hyperflexion puis la muserolle pull back pour verrouiller, boucler, étrangler et asphyxier toute tentative de défense de la mâchoire avec ce système de bouclage à levier. 





Avec cet appareil de torture ces apprentis sorciers ont sans doute eu l'impression d'être devenus cavaliers puisque le cheval immobilisé de ce coté était contraint par le force du cuir serré à se soumettre à l'action de leurs pognes contraignant le pauvre animal au L.D.R. ou a l'hyperflexion........



Le but de l'équitation n'est il pas de rendre aux mouvements du cheval monté l'aisance et la grâce de ceux qu'il avait sans cavalier et même de développer, amplifier et sublimer ces mouvements.


Pour ce faire il faut réaliser quelques "transformations" dans l'inné du cheval.



D'abord il faut lui apprendre à porter (car il n'est pas fait pour cela avec sa colonne vertébrale horizontale).



Ensuite il faut lui apprendre à modifier son équilibre, il est naturellement fait avec plus de poids "sur les épaules". La présence du cavalier vers l'avant de son corps accentue ce déséquilibre. Il faut donc lui apprendre à faire se reporter ce poids en trop sur les épaules vers l'arrière main, puis à porter et pousser ce poids avec les hanches ! C'est le "Rassembler".



Pour en arriver à ce résultat nos Anciens avaient inventé les flexions ! Flexions de mâchoire, flexions de nuque, d'encolure de dos, de rein, de hanches… (Les mécanistes ont remplacé ce qu'ils ne savaient pas faire par les enrênements !)



La première des flexions est celle de l'articulation hyoïdienne mobilisée par le réflexe de déglutition.



Sous l'action d'une main douce provoquant d'agréables sensations sur sa langue, le cheval "avale son mors", il dégluti. Ce faisant, la langue pour déglutir, prend appui sur l'os hyoïde et le fait basculer...... C'est la flexion.

Cette 1ere flexion hyoïdienne déclenche automatiquement la flexion de l'Atlas (C1) sur l'Axis (C2) c'est la flexion de l'angle encolure tête c'est a dire le "Ramener"......



En fléchissant cet angle encolure tête la nuque du cheval tire sur le garrot qu'il fait remonter entre les omoplates.... le cheval se grandit derrière son mors allège l'avant main et fait passer du poids derrière.....



MAIS, cette 1ere flexion est automatiquement suivit par une multitude d'autres flexions en chaine: la C2 sur la C3, la C3 sur la C4 et ainsi de suite jusqu’à l'articulation ilio-sacré (celle du "Rassembler"). Et voila le tour est joué.



C.Q.F.D.!


Bien sur les puristes ergoteurs et doctrinaires, les mécanistes adeptes du L.D.R. et les maquignons scandinaves trouveront à redire à mon exposé mais cet exposé est scientifique et étayé par les règles de biomécaniques. Je n'ai rien inventé même si j'ai simplifié au maximum mais sans rien retirer à l'essentiel. 




Et la muserolle Pull Back dans tout cela me direz-vous !



Eh bien la muserolle Pull Back comme toute muserolle serrée ou oppressive interdit tout simplement l'entre-ouverture de la bouche, réprime le réflexe de déglutition et la flexion de l'articulation hyoïdienne. Tout le système du rassembler s'écroule, les chevaux qui y sont soumis ne sont pas "Ramenés" a l'articulation Occipital sur C1, celle qui tire sur le garrot vers le haut par ligament cervical interposé, MAIS "cassé" a l'articulation de la C3 sur C4 et là le garrot descend et la cage thoracique avec en accentuant ainsi le déséquilibre naturel du cheval sur les épaules.



Sur le plan moral je vous laisse imaginer ce que ressent le cheval au museau étranglé par une muselière........






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