dimanche 4 décembre 2016

TENUE DES RENES A LA FRANCAISE UN OUTIL MERVEILLEUX







_____LA TENUE DES RÊNES A LA FRANCAISE____

SERGUEI FILATOV et ABSENT
CHAMPIONS OLYMPIQUE de DRESSAGE ROME 1960

En fait il s’agit de la tenue des rênes à la Fillis car c’est James Fillis qui en a codifier et expliqué l’usage.

Cette tenue des rênes semble un peu complexe mais en fait son usage est extrêmement simple. 





Elle a l’avantage de permettre au cavalier de bien différencier et séparer l’effet du mors de filets a celui du mors de bride. En effet le mors de filet a un effet releveur de la nuque (en agissant sur la commissure des lèvres) alors que le mors de bride a un effet abaisseur du bout du nez (en agissant sur la langue et le maxillaire inférieur). 




Il est donc impensable d’utiliser en même temps ces mors ensemble du même coté de la bouche du cheval qui se retrouverait coincé entre deux mors aux effets opposés. C’est hélas ce que l’on voit de trop sur les rectangles de dressage même à haut niveau.

La tenue de rênes à la Fillis permet d’exploiter tout le potentiel de cette embouchure et de donner au dresseur une palette de possibilité d’intervention infinie.

Serge Filatov Medaillé d’Or aux jeux olympique de Rome et Helena Petouchkova en Or aussi A Tokio tenaient comme beaucoup de cavaliers slaves leurs rênes a la Fillis. 





La tenue des rênes a la Fillis permet de n’utiliser que les rênes de bride (rênes de filet molles) ou que les rênes de filet (rênes de bride molles) en fonction du besoin. Mais aussi de n’utiliser que la rêne de filet interne et la rêne de bride externe et toutes les combinaisons possibles du moment que bride et filet ne sont pas sollicités ensemble du même coté.

Flexions latérales de mâchoire et de nuque, comme flexions directes ne sont plus qu’un jeu d’enfant tout en relevant et affermissant la base de l’encolure…..

Extensions de l’encolure sans tomber dans le piège de la descente d’encolure en sont facilités et toujours dans le relèvement de la base de l’encolure c'est-à-dire avec un geste juste et profitable.

La décontraction de la mâchoire de la nuque et de l’encolure par le jeu subtil des doigts qui vibrent tour à tour sur filet ou bride se propage à tout le corps du cheval et génère une décontraction généralisée…… Et ce jeux subtil des doigts et bien plus facile sur des rênes séparées. 





La tenue de rênes a la Fillis permet aussi des combinaisons comme : les 2 rênes de bride et la rêne de filet gauche dans la main gauche d’une part, et la rêne de filet droite dans la main droite d’autre part. Cette combinaison permet a la main gauche de relever et affermir la base de l’encolure lui permettant ainsi de supporter aisément la poussée des postérieurs (le contraire du cheval fuyant, anguille) et de décontracter la mâchoire du cheval de la main droite. 



Jean Michel Rousseaux

Écuyer-Instructeur

Diplômé d'État

cheval.coaching@gmail.com

Stages toutes régions à partir de 5 couples cavaliers/cheval

jeudi 24 novembre 2016

CHEVAL QUI NE REPOND PAS A LA JAMBE





A Mélanie qui se plaint que sa jument n’avance pas lors des épreuves de dressage en concours complet ! Pas de « jus » dit-elle, alors qu’à l’obstacle et en cross, elle est parfaite. Si, avant l’épreuve de dressage, Mélanie corrige à la cravache, la jument s’énerve, et piétine.

Comment y remédier, quels exercices ???






Bonjour Mélanie ;

Le problème est que ton cheval ne répond pas à la jambe, c’est tout…..

Elle te prend en otage et tu n’ose pas t’affirmer avec suffisamment de rapidité pour prendre le dessus… Elle piétine alors, simule l’énervement et cela te bloque.


Trop de jambes et trop de mains ne font pas bon ménage

A l’obstacle ou en cross tu n’es pas trop gênée, car la jument dispose d’une bonne réserve d’impulsion naturelle, elle aime cela depuis que nous avons travaillé la régularité des approches en équilibre sans main et sans jambe. Elle adore ce jeu…

Mais pour le dressage c’est une toute autre affaire car, pour être relativement précise et proposer aux juges une mise en main conforme aux standards actuels, tu ne peux t’empêcher « d’empoigner » ta jument qui n’accepte pas d’une part ce travail rébarbatif et sans objet pour elle, et d’autre part l’opposition permanente entre la main qui pilote (de trop) et la jambe qui pousse, pousse, pousse et pousse encore pour compenser la perte de « jus » due a l’abus de mains. Alors, ta jument, déjà pas très motivée par ce « cirque » s’éteint complètement et résiste comme elle peut aux jambes qui l’étreignent, l’étouffent et l’oppressent. 

Mains plus jambes : le cheval trépigne


Donc sur le rectangle de dressage, c’est mise en équilibre et légèreté comme au travail à la maison, si tu veux que « ca avance ». Puis, jambes sans mains et mains sans jambes toujours comme a la maison. Ceci est impératif, même si la précision des figures doit en souffrir (pour le moment) et même si la mise en main doit laisser à désirer, et tant pis pour les notes (pour le moment). Il n’y a pas d’autre solution, tu as un cheval en formation et les compétitions font partie de la formation. 


Les excès du jambes plus mains


Comment corriger ces défauts ?

Au travail il faut en RE-venir à la leçon de jambe… Cette leçon est indépendante de tout le reste et il faut y revenir chaque fois que la sensibilité à la jambe baisse. Ne pas attendre que le cheval ne réagisse plus avant de la redonner. Il est des chevaux auxquels je donne une leçon de jambe en début de chaque séance après détente, d’autre à qui je la donne de temps à autres et à d’autres une petite « piqure de rappel » occasionnelle suffit.

Cette leçon de jambe est toujours la même :

1. Arrêt, rênes flottantes devant un grand espace libre.

2. Toucher de « pantalon ».

3. Si le cheval ne gicle pas immédiatement, petites attaques électriques et répétés des talons et de la cravache le plus rapidement possible.

4. Bien caresser AVANT DE REPRENDRE.

5. Calmer.

6. Recommencer jusqu'à départ immédiat et sans retenue.

L’objectif de cette leçon est d’être obligé de doser ses jambes, de faire attention a n’en donner que tres peu. Si le cavalier est obligé de donner à chaque fois 100% des jambes c’est qu’il a mal donné cette leçon, qu’il n’est pas assez électrique et rapide à donner les petites attaques après la demande douce. Plus l’espace temps entre le toucher de pantalon et les attaques est court et plus la leçon est efficace. (Il en est de même au sujet de la récompense, il faut agir ultra rapidement)

Une fois que cette leçon de jambe est bien acquise, travailler la réactivité du cheval a la jambe par le travail de transitions courtes.

La mise en équilibre ou la restauration de l’équilibre est primordial. Si le cheval est branché dans un faux ramener sur les épaules rien n’est possible. Donc, équilibre, équilibre, équilibre… Et, à partir de là travailler les transitions suivantes :

1. Pas d’école - Pas moyen-Pas d’école. 5 foulées de chaque, puis 4, puis 3 et recommencer.

2. Pas d’école - Arrêt - Pas d’école et recommencer. D’abord 5 foulées de pas, puis 4, puis 3.

3. Pas d’école -Trot d’école - Pas d’école. Idem au niveau du nombre de foulées.

4. Trot d’école - Arrêt - Trot d’école. Idem au niveau du nombre de foulées.

Apres tous les arrêts, pas d’immobilité, départ immédiat et franc, c’est cela le but de l’exercice ; la réactivité.

5. Trot d’école - Trot de travail - Trot d’école. (Toujours 5, puis 4, puis 3 foulées environ)

6. Trot d’école - Trot de travail - Trot d’école et recommencer.

7. Trot de travail - Arrêt - Départ immédiat au trot de travail et recommencer.

8. Trot de travail - Trot moyen - Trot de travail et recommencer.

9. Trot de travail - Arrêt - Départ immédiat au trot de travail et recommencer.

10. Trot moyen - Trot allongé - Trot moyen et recommencer. Toujours 5, 4, puis 3 foulées.

11. Trot moyen - Arrêt - Départ immédiat au trot moyen.

Ne pas demander des départs au trot allongé depuis l’arrêt ce serait une mauvaise leçon déséquilibrante.

12. Départs au galop rapprochés

a. Départ au galop, 5 puis 4 puis 3 foulées de galop - Trot de travail, 5 puis 4 puis 3 foulées de trot.

b. Départ au galop, 5 puis 4 puis 3 foulées de galop - Trot d’école, 5 puis 4 puis 3 foulées de trot.

c. Départ au galop, 5 puis 4 puis 3 foulées de galop - Pas moyen, 5 puis 4 puis 3 foulées de pas.

d. Départ au galop, 5 puis 4 puis 3 foulées de galop - Pas d’école, 5 puis 4 puis 3 foulées de pas.

Faire des séances très courtes et alterner ces mouvements avec d’autres exercices relaxant comme les flexions. Mais avant toute chose équilibre, équilibre et encore équilibre Car monter a cheval c’est le mettre en équilibre et lui demander de s’y maintenir sans l’usage de la force. Tout le reste n’est que foutaise…

dimanche 13 novembre 2016

EDUCATION DU CHEVAL: LA CONSTRUCTION DES BASES


En principe un cheval n’oublie jamais les leçons qu'il a reçu surtout les leçons justes et bonnes. Les autres, les mauvaises, si elles ne sont pas trop douloureuses, ils n'y pensent plus très vite et c'est heureux. Si elles sont douloureuses, il se blase et s’évade en résistant de façon passive, l’esprit ailleurs et ne se souvient que de la force qu'il a déployée pour luter. 
"Mobilisation sur place" ébauche du piaffer sur un jeune cheval aux bases solides


 

Quand je parle de bonnes et justes leçons, je pense bien sur aux leçons d'équitation classique, d'équitation raisonnée, celles respectant les règles d'hippomécanique et de locomotion naturelle, celles des La Guerinière, Baucher, d'Aure et des autres... 

Et qui dit La Guerinière ne veux pas dire équitation de «Cour » devant le Roy mais éducation générale d'un cheval de service ou de campagne donc de nos jours d’un cheval de sport. 


Cette éducation commence par une construction des bases (simples) que le cavalier va pouvoir assembler pour construire tout le dressage général puis spécifique du cheval. 


Ces bases sont dans l'ordre d'apprentissage : 


1. La mise en équilibre 


2. La réponse aux jambes


3. La réponse aux mains


4. Les flexions (voir l'article)


5. La mobilisation des hanches

 

6. La mobilisation des épaules 



7. La mobilisation de la masse 


Autres exercices de mobilisation de la masse: Épaules en dedans - Tête au mur - Croupe au mur etc...


Et c'est tout… 

Ce sont un peu les gammes du cavalier … 

A partir de là, l'écuyer fait ses "gammes" puis joue sur ce répertoire pour monter son " affaire"...


Donc un cheval chez qui on construit des bases (classiques) ne les oubli jamais. Il m'est arrivé à plusieurs reprises de monter des chevaux que la vie m'avait fait perdre de vue pendant de nombreuses années et de retrouver après quelques minutes de reprise de contact le cheval que j'avais laissé plusieurs années auparavant. Comme cet anglo-arabe, Poé, fils de Nitard, que j'avais débourré et "mis" puis monté durant plusieurs années, pour le compte d'une française en Limousin dans les années 80 jusqu'à son départ pour l'Argentine suite a son mariage avec un riche (très riche, très, très riche) viticulteur de Mendoza au pied de la cordelière des Andes. 

14 ans après son départ je deviens entraineur national en Argentine et bien sûr je retrouve mon ancienne élève et son cheval. 
En moins de 10mn j'avais reconstruit toute les bases et Poé me récitait tout son programme comme si nous nous étions quitté la veille… 
La Bonne Société Argentine m'a pris pour un sorcier… 



Donc, si vous avez une certaine liberté dans le travail de vos chevaux, il n'y a aucune raison pour que la leçon d'avant soit perdue, même si quelqu'un d'autre que vous monte le même cheval, il vous suffit à chaque reprise de contact de reconstruire en quelques mouvements simples les 7 points des bases et si le cheval ne les a pas, de les lui inculquer… 


Et ça c'est valable pour toute discipline, du cheval de combat du XVIII au cheval d'obstacle ou de dressage d'aujourd'hui… 


Jean Michel Rousseaux
Écuyer-Instructeur
Diplômé d'État 


cheval.coaching@gmail.com

 
Stages toutes régions à partir de 5 couples cavaliers/cheval

 
Coaching et suivi hebdomadaire en Auvergne

mercredi 5 octobre 2016

LES FLEXIONS LATERALES

Vanuille et Shivas en Flexion latérale droite - Le chanfrein de Shivas devrait être vertical.  

Parce qu’elles décontractent,  équilibrent, affermissent, étirent, assouplissent mais aussi donnent au cavalier un contrôle permanent de la masse, les flexions sont le plus sur moyen de réduire les résistances, d’atteindre la « légèreté », et de permettre au cheval de développer tout son potentiel.

Les cavaliers « mécanistes » réduisent les résistances du cheval par l’usure (rênes coulissantes, mors compliqués...) alors que les cavaliers « classiques » réduisent les mêmes résistances par les flexions…
Marilene et Cassik en Flexion latérale gauche a l’arrêt

Il est préférable de commencer par les flexions latérales plus faciles et rapides à obtenir avec une plus grande certitude de geste juste de la part du cheval.

 La déglutition (cession de mâchoire) est le signe apparent d’une décontraction général et d’un bien être du cheval.

D’autre part, toutes les résistances contractions et crispations ont leur résonance dans la nuque et la bouche. (Bouche dure.)

Il y a donc un intérêt certain à apprendre au cheval à déglutir (cession de mâchoire) sur commande.

En déclenchant la déglutition, le cavalier génère et propage une décontraction générale  dans tout le corps du cheval. C’est le premier objectif des flexions.

DÉFINITION

Une flexion est une mobilisation des muscles fléchisseurs. La flexion latérale consiste en une rotation de la tête autour d'un axe verticale.
Herzdame en Flexion latérale droite a la main avec extension d'encolure afin d'ouvrir tous les angles articulaire gauche et dénouer la jument

BUT

Le but de flexion latérale est avant tout d’éduquer la bouche du cheval à la cession de mâchoire sur commande (déglutition) mais aussi :

D’étirer, relâcher, décontracter les muscles extenseurs externes.

De rendre la bouche et la nuque (foyer de toutes les contractions, crispations et résistances) souples et moelleuses.

D’équilibrer ou rééquilibrer le cheval.

D’assurer au cavalier un contrôle permanent de la masse.

D’épaissir, affermir, élever la base de l’encolure et lier l'avant main dans les changements de direction.

Avant d’être éduqué aux flexions latérales le cheval doit accepter le mors et la main et répondre aux jambes.
Le "Grand" Jean d'Orgeix en flexion latérale droite. Observez le couloir des rênes

MODE D’EMPLOI

Amener la tête a l’intérieur (90°).

Mettre en place un couloir des rênes parallèles aux 2 joues du cheval.

Établir un contact égal des 2 mains sur les 2 commissures des lèvres.

Fixer les 2 mains sur les 2 commissures des lèvres (fermeture des doigts)

Des que le cheval cède (mâchoire moelleuse, léger jeux de la langue et déglutition) mollir dans les doigts.

Les flexions latérales demandées pied a terre permettent une meilleur compréhension de la part du cheval et cela lui sera plus facile une fois sous la selle, mais ce n’est pas obligatoire.
Rastacouere en Flexion latérale droite avec extension d'encolure a la longe

Sous la selle les flexions devront être demandées a l’arrêt avant d’être demandées au pas puis au trot et enfin au galop en cas de difficulté revenir aux demandes a pied puis a l’arrêt puis remonter toute l’échelle de progression.

MODE D’ACTION

La cession de mâchoire (déglutition) est un préalable indispensable.

La mobilisation de la mâchoire et la déglutition nécessite une flexion de l’articulation hyoïdienne qui elle-même engendre une flexion de la nuque.

La flexion de la nuque génère la remontée de la base de l’encolure (C7) et du garrot.

Cette remontée de la base de l’encolure et du garrot induit un étirement - relâchement et une décontraction de toute la ligne du dessus jusqu’au sacrum.

Le bassin bascule et les hanches s’abaissent librement.
La Flexion latérale d’après François Baucher

Une fois que le cheval donne facilement la flexion latérale (complète a 90°) demander des ½ flexions (45°) puis des ¼ de flexions (20°) puis des 1/8 de flexions (10°). La flexion directe pourra être alors abordée.
Mélanie et Solstice en flexion latérale droite au galop. Le cheval vient de "céder" (fléchir), remarquez le grandissement de l'avant main et la bascule des hanches.

La flexion latérale de la tête et de l’encolure pourra être prolongée par la flexion dorsale puis l’épaule en dedans puis toute la série des mouvements d’assouplissements du passage du coin (6 m de diamètre) et du passage  du coin forcé (moins de 6m de diamètre). Enfin la flexion latérale est un excellent préambule aux départs au galop rassembler et pirouettes…

Grâce aux flexions latérales l’imagination du cavalier n’a plus de limite pour les décliner à volonté.

Jean Michel Rousseaux
Écuyer-Instructeur
Diplômé d'État